Nouveautés de l’automne en distro

Nouveautés livres et bulletins disponibles depuis décembre à la Bibliothèque anarchiste Libertad :

Rompre les rangs. Contre la guerre, contre la paix, pour la révolution sociale, cahier Hourriya #5, octobre 2018, 168 p., 2 euros

« Jamais peut-être le monde n’a eu plus besoin du souffle vivifiant de l’anarchisme ; jamais la nécessité de briser la règle, la discipline, la loi, n’est apparue plus grande qu’aujourd’hui, » écrivait un compagnon à la veille de la Deuxième Guerre Mondiale. Aujourd’hui, les guerres, l’autre face de la paix ensanglantée des marchés, du progrès et de la production, continuent à ravager le monde, et peut-être aujourd’hui aussi, ce dont il y a besoin, c’est le cri strident de l’anarchie qui s’oppose à tout pouvoir, qui rompt les rangs des États totalitaires et démocratiques, qui scrute l’horizon pour arrêter le massacre là où il est produit. La guerre, le contrôle, la répression, l’exploitation, la militarisation des esprits, la haine sectaire, le maelström technologique sont tous des aspects de cette domination en incessante restructuration, que ce cahier se propose d’analyser, en s’aventurant en même temps sur les chemins de l’action d’hier et d’aujourd’hui contre leur guerre… et contre leur paix.

Une idée en armes. Expériences anarchistes aux États Unis et en Russie au début du 20ème siècle, novembre 2018, 88 p., 3 euros (édition bilingue français/italien)

Un des bastions idéologiques de la domination, c’est son éternité supposée, sa présence pérenne. Pour ne pas être questionnée, elle prétend être comprise et acceptée par tous comme si son existence était inévitable et naturelle. Si l’autorité a toujours existé, naturelle comme le soleil et l’eau, si le besoin de commander et le besoin d’obéir sont aussi inévitables que le besoin de manger et le besoin de dormir, alors toute critique radicale du pouvoir, toute tentative de le renverser, toute désertion de ses rangs, est complètement dénuée de sens. Une idiotie, avant d’être une utopie.

C’est pourquoi la domination veut que son monde soit perçu comme le seul et unique possible, peut-être à perfectionner et à corriger, mais jamais à démolir. Ce travail de persuasion ne se produit pas seulement en dehors de nous, matériellement, jour après jour, à travers les obligations quotidiennes qui nous sont imposées. Cela se passe en nous-mêmes, aussi dans notre esprit, dans notre imagination. Pour éradiquer l’idée même qu’un monde sans autorité soit possible, la domination doit sans cesse réécrire l’histoire à son image et à sa ressemblance. Elle transmet les exploits des rois et des empereurs, des nobles et des papes, des chefs de gouvernement et des hommes d’affaires, mais elle se tait, enlève, mystifie les exploits des rebelles et des révolutionnaires. Surtout de ces rebelles et de ces révolutionnaires qui l’ont défiée et combattue sans vouloir la conquérir (rejetés à moitié comme des rêveurs romantiques, à moitié comme des criminels fous). Tout cela explique pourquoi les anarchistes ne trouvent guère de place dans les livres d’histoire officiels. Car ce que nous appelons l’Histoire, est quelque chose reconstruit par des spécialistes, des universitaires qui fréquentent les archives et les bibliothèques, dont 99% sont payés par l’État. Ne voulant pas cracher dans le plat où ils mangent, même les très rares historiens qui « sympathisent » avec les idées anti-autoritaires tendent à les enfermer dans un passé très éloigné, plutôt que de les ouvrir au présent et au futur. Dans leurs œuvres, parfois bien documentées, on peut entendre comme un soupir : « tout cela est juste et beau, mais c’était nécessaire, possible et compréhensible à l’époque, tandis qu’aujourd’hui … ».

Et pourtant, nous pensons que l’opposition au pouvoir, à l’État, au capitalisme, est toujours nécessaire, possible et compréhensible, même aujourd’hui. Et au cas où cette opposition n’est pas possible et compréhensible, c’est à nous de la rendre telle. Parce qu’en dehors de la révolte et de l’insurrection contre ce monde misérable, il n’y a que la résignation à ce monde misérable.

Or, à notre avis, si elle ne veut pas se condamner à la reproduction du déjà vu ou à l’impuissance, cette révolte doit éclater partout, dans les rues et les places comme dans les cœurs et les têtes. D’où l’urgence de redonner à l’insurrection sa pensabilité, son imaginabilité. Une contribution dans ce sens, consiste à ramener à la lumière ces moments, ces personnages, ces expériences du passé que l’historiographie institutionnelle a effacé.

Avis de tempêtes, bulletin anarchiste pour la guerre sociale, numéros 10-12, octobre à décembre 2018, 20 pages (certains n° précédents également dispos)

 

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Programme de la bibliothèque Libertad pour décembre 2018

MARDI 4 DECEMBRE 2018, 20h.
Discussion : Gilets jaunes : guerre civile ou guerre sociale ?

MARDI 18 DECEMBRE 2018, 20h.
Discussion à partir du livre Le pari de l’autonomie. Récits de luttes dans l’Espagne des années 70.
Regroupant différents textes et témoignages, ce livre revient sur le contexte de luttes qui a secoué aussi bien l’appareil franquiste vieillissant que la jeune démocratie chargée d’assurer une transition politique sans remous dans l’Espagne des années 70. Grèves générales, comités d’usines, mutineries dans les prisons, mobilisations massives face à la répression, apparitions de groupes autonomes : de l’exploitation salariée à la vie quotidienne, tout allait être remis en cause. Dans une large mesure, ce mouvement refusait d’être dirigé. La méfiance envers toute forme de représentativité était la règle plus que l’exception. La solidarité, l’auto-organisation et l’action directe s’opposaient aux tentatives de récupération ou de prises de pouvoir menées par les partis et les syndicats.
À travers les récits et les analyses rétrospectives de plusieurs protagonistes de cette époque, ce livre participe au travail de mémoire et de transmission de l’histoire des luttes autonomes. Loin de toute nostalgie envers une période révolue, il offre des pistes de réflexion pour qui cherche aujourd’hui encore à se confronter au pouvoir sous toutes ses formes.

VENDREDI 21 DECEMBRE 2018, 19h
Tombola et concerts en soutien à la bibliothèque,
avec Cerna, Diavolina Propulsion, Enfance Sauvage,
au squat de l’Echarde, 19 rue Garibaldi, 93100 Montreuil, métro Robespierre.

Télécharger le fly et faire tourner

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Nouveautés de la rentrée en distro

Nouveautés livres et bulletins disponibles depuis septembre à la Bibliothèque anarchiste Libertad :

Charbonnerie El Buen Trato, ed. Tumult (Bruxelles), octobre 2018, 74 p., 4 euros

« 1930, Montevideo, capitale de l’Uruguay. En face de la prison de Punta Carretas, l’anarchiste Gino Gatti et sa famille décident d’ouvrir une charbonnerie : « El Buen Trato ». Les affaires vont pour le mieux. Cependant, en mars 1931, la famille Gatti décide de quitter Montevideo et de déménager en Argentine, pliant boutique après moins d’un an d’activité. »

— Claudio Lavazza, Ma peste de vie, ed. L’assoiffé (Marseille), septembre 2018, 283 p., 10 euros

« Qui est Claudio Lavazza se comprend dès la première page de ce livre : les actions dont il est accusé parlent clairement. Un rebelle, un guerrier, qui a participé, ensemble avec tant de jeunes de sa génération, à la tentative de changer la société et le monde, assumant l’entière responsabilité de l’avoir fait avec tous les moyens adéquats.
Son autobiographie n’est pas seulement un témoignage de plus sur la lutte armée de la fin des années 1970 et du début des années 1980, mais c’est aussi le portrait d’un homme qui, cas plutôt rare pendant les périodes de répression impitoyable de l’insurrection armée en Italie, ne s’est pas enfui à l’étranger pour se satisfaire des promesses de gouvernements plus ou moins protecteurs, n’a pas accepté la condition de réfugié politique, mais a poursuivi la lutte au-delà des Alpes. »

Le pari de l’autonomierécits de lutte dans l’Espagne des années 70, ed. du Soufflet, juin 2018, 304 p., 5 euros

« De la moitié des années 60 jusqu’au début des années 80, aussi bien l’appareil franquiste vieillissant que la jeune démocratie chargée d’assurer une transition politique sans remous ont du faire face à des luttes massives et virulentes. Grèves générales, comités d’usines, mutineries dans les prisons, mobilisations massives face à la répression, apparitions de groupes autonomes au sein des conflits et prises en main de la vie de quartiers : de l’exploitation salariée à la vie quotidienne, tout allait être remis en cause.
Dans une large mesure, ce mouvement refusait d’être dirigé. La méfiance envers toute forme de représentativité était la règle plus que l’exception. La solidarité, l’auto-organisation et l’action directe s’opposaient aux tentatives de récupération ou de prises de pouvoir menées par les partis et les syndicats. »

Avis de tempêtes, bulletin anarchiste pour la guerre sociale, numéros 8 et 9, août et septembre 2018, 20 pages (certains n° précédents également dispos)

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2 octobre : Apéro pour la fin de l’été

Comme tous les mardis de 17h à 20h depuis son ouverture en juin 2010, la bibliothèque anarchiste Libertad est à nouveau ouverte, après une petite pause aoûtienne.

On peut toujours y trouver des discussions passionnées, une vaste bibliothèque de prêt, une vingtaine de livres qu’on a choisi de distribuer (sans marge, bien sûr), ainsi qu’un info-kiosque à prix libre.

Apéro de fin d’été
Mardi 2 octobre 2018 à 19h30


Telecharger et faire tourner le flyer

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La bibliothèque est rouverte depuis mardi 4 septembre

Comme tous les mardis de 17 à 20h depuis son ouverture en juin 2010, la bibliothèque anarchiste Libertad est à nouveau ouverte, après une petite pause aoûtienne.

On peut toujours y trouver des discussions passionnées, une vaste bibliothèque de prêt, une vingtaine de livres qu’on a choisit de distribuer (sans marge, bien sûr), ainsi qu’un infokiosque à prix libre.

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