Vendredi 22 mai, 18h30. Causerie autour de la situation, dans une perspective anarchiste.

          Nous n’avons pas fini de prendre la mesure de ce que l’irruption d’un virus comme le covid-19 aura comme conséquences dans nos vies. Toujours est-il que nous vivons sous une autorité qui ne voit que des masses à gérer, en fonction de courbes prévisionnelles, selon des critères qui lui appartiennent. Qu’elle soit en blouse blanche, en uniforme, en costard, l’autorité se reconnait toujours par la dépossession, la morale et la répression qu’elle génère. Déjà presque deux mois se sont écoulés depuis que l’état d’urgence a été décrété. La santé dite publique n’est qu’une déclinaison de la question du maintien de l’ordre. L’injonction au confinement, à « rester chez soi pour sauver des vies », est passée comme une lettre à la posteSans se plier aux ordres étatiques à « s’enfermer et attendre que ça passe » et à toute considération gestionnaire qui nie nos vécus, tous différents, vis-à-vis de la maladie ou de la mort, comment continuer à œuvrer pour un monde où chacun-e est autonome, autant que possible, et cultive des liens de réciprocité ?
         Sous confinement, les lieux d’enfermement et la routine de la domination deviennent toujours plus insupportables pour certain-e-s ; des révoltes s’embrasent dans des prisons, des émeutes éclatent suite à des opérations de police, des réfractaires aux attestations sont mis sous écrou, de nombreux sabotages des structures de la domination et du capital ne cessent d’avoir lieu. La guerre sociale et la lutte contre toute forme d’autorité ne peut connaitre de pause : continuer à identifier ce qui nous oppresse et à s’y attaquer constituent un ensemble d’efforts à mener et de chemins à se tracer quelque soit la situation. Une tension qui trace le fil noir de la lutte anarchiste et qui, malgré le contrôle social, technologique et sanitaire accru, reste éperdument à vivifier. Mais cette constance de la révolte et du conflit ne signifie pas aller à l’aveuglette, dans l’absence de toute perspective. Voilà pourquoi on propose un moment pour confronter et approfondir nos analyses de la situation. Une occasion aussi de venir prendre ou consulter des écrits anarchistes, contributions récentes ou pas, mais toujours d’actualité dans la lutte pour la liberté.
P.-S.  Si le temps le permet, et que nous en avons envie, nous pourrons nous réunir dehors, où nous pourrons choisir à quelle distance nous souhaitons nous tenir les un-e-s des autres ! 
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Vendredi 10 janvier 2020 : Causerie sur le Chili

Vendredi 10 janvier 2020, 19h :
Combattre l’existant pour en finir avec la domination, au Chili et ailleurs

Depuis plus de deux mois, l’ordre établi est amplement secoué par une explosion sociale au Chili. Émeutes, affrontements contre les forces de l’ordre, attaques tous azimuts contre des bâtiments étatiques et religieux, incendies de locaux commerciaux et d’infrastructures de transport, se sont répandus comme une trainée de poudre sur l’ensemble du territoire.

Ni l’état d’ugence et le couvre-feu décrétés dans un premier temps, ni la répression policière qui continue son sale boulot, tuant, blessant et mutilant gravement, et enfermant en masse, ne sont parvenus à mettre un terme à la révolte.

Les habituelles manœuvres des pacificateurs de tout poil (dont les organisations politiques de gauche) visent aussi à ramener la rage vers les canaux démocratiques. En mettant en avant “l’intérêt national” et des revendications telles que l’élaboration d’une nouvelle constitution, les aspirant-e-s au pouvoir (y compris populaire) tentent de désamorcer tout le potentiel subversif contenu dans de multiples expressions destructrices qui se déploient sans leaders ni partis.

Des compagnon-ne-s anarchistes qui prennent part à cette révolte sur le territoire dominé par l’État chilien ont à cœur de partager les situations vécues, ainsi que leurs réflexions et leurs questionnements sur les dynamiques en cours, posant ainsi des jalons pour un échange réciproque et une solidarité revolutionnaire.

Et c’est aussi parce que nombre des problématiques cruciales qui les préoccupent, notamment liées aux propositions et interventions anarchistes pour étendre et approfondir les moments de rupture, font écho ici, que nous saisissons à notre tour cet appel au vol pour inviter à une discussion, le vendredi 10 janvier à la bibliothèque Libertad.

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16 novembre : Que viva la Libertad ! Initiative pour la bibliothèque…

Que viva la Libertad ! Initiative pour la bibliothèque…
(à La Parole errante, 9 Rue François Debergue – Montreuil)

17h : causerie
Briser les chaînes technologiques

Des technologies de l’information à celles de la surveillance, causerie sur leurs nouvelles formes et sur(tout) les perspectives d’action pour s’y opposer !

La technologie prend une part toujours plus importance dans nos existences, ajoutant une couche de contrôle et de dépossession supplémentaire. L’identification par reconnaissance faciale, le traitement massif des données – de nos téléphones aux axes de circulation -, le remplacement du contact humain par celui de la machine,sont autant de changements qui aboutissent à un contrôle toujours plus prégnant et efficace de nos comportements. À Hong Kong, les mâts des lampadaires intelligents sont sciés. Au Chili, le siège de la compagnie d’électricité CGE a été incendié à Copiapó ce 8 novembre. En France, ce sont des antennes relais et des armoires électriques ou téléphoniques qui prennent feu, et pas seulement autour des manifestations gilets jaunes. Et si, pour se donner de l’air, on donnait de l’oxygène aux feux des révolté-es…

19h30 : cantine

20h : concerts prix libre

Rewinder garage trash grunge / Tabula Raza punk / La Marmite électro punk à chansons (Bxl)

Telecharger l’affiche en noir& blanc

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Causeries à la bibliothèque d’octobre/novembre

Jeudi 17 octobre à 18h
Du Portugal à l’Amérique du Sud : expansion techno-industrielle
et résistance à la dévastation extractiviste

Depuis les vingt dernières années, des milliers de nouveaux projets d’extraction de minerais et d’hydrocarbures sont en train de ravager des terres auparavant aux marges de l’exploitation capitaliste (montagnes, forêts…), empoisonnant toute espèce vivante et obligeant souvent les habitant.es à mourir à feu lent ou à partir. Nous discuterons avec un camarade qui participe à la résistance contre les mines de lithium dans les montagnes au nord du Portugal, ainsi qu’avec un camarade qui a parcouru de nombreuses terres ravagées par l’extractivisme en Amérique du Sud et en France. Lors de la discussion, nous tenterons de développer des perspectives de lutte et d’action contre la société techno-industrielle, en opposition aux tentatives de récupération des politicien.ne.s de tout poil.

Samedi 16 novembre
Que viva la Libertad ! Initiative pour la bibliothèque…
(à La Parole errante, 9 Rue François Debergue – Montreuil)
17h : causerie Technologie
Alors que la technologie prend une part toujours plus importante dans nos existences, ajoutant une couche de dépossession supplémentaire, elle y est invitée par un mécanisme de soumission plus ou moins volontaire. L’identification par reconnaissance faciale, le traitement massif des données – de nos téléphones aux axes de circulation –, le remplacement du contact humain par celui de la machine, sont autant de changements qui aboutissent à un contrôle toujours plus prégnant et efficace de nos comportements. À Hong Kong, les mâts des lampadaires intelligents sont sciés, en France ce sont des antennes relais et des armoires électriques ou de fibre optique qui prennent feu, notamment autour des manifestations gilets jaunes. Et si, pour se donner de l’air, on donnait de l’oxygène aux feux des révolté-es…
19h30 : cantine
20h : concert (avec Rewinder, Tabula Raza et La Marmite)

Jeudi 21 novembre à 19h

Profitons de la réédition augmentée du livre Incognito : expériences qui défient l’identification (ed. Mutines Séditions) comme d’une occasion pour rendre plus présente dans nos réflexions la question de la clandestinité. Les témoignages de cavale permettent de démystifier l’expérience, d’en appréhender la nature protéiforme, mais surtout d’en pointer certains questionnements qu’il peut être intéressant d’approfondir à plusieurs. Comment lutter et trouver des complices «ailleurs» en est un exemple. Et ce aussi bien dans une perspective de facilitation de la cavale d’un.e compagnon.ne que depuis la position de futur.e cavaleuse potentiel.

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Nouveautés de la rentrée en distro

Nouveautés livres et bulletins disponibles depuis septembre à la Bibliothèque anarchiste Libertad :

Face à face avec l’ennemi, Severino Di Giovanni et les anarchistes intransigeants dans les années 1920-1930 en Amérique du Sud, co-édition de Tumult & L’Assoiffé (Bruxelles/Marseille), août 2019, 560 p. – 8 euros

Argentine, années 1920. Le vaste pays est en plein essor industriel et des milliers d’émigrés de partout débarquent dans le port de Buenos Aires. Ils y trouvent d’importantes agitations sociales, comme celle pour la libération des anarchistes Sacco et Vanzetti condamnés à mort, et un climat marqué par d’innombrables grèves, boycotts, sabotages et émeutes. C’est là qu’un anarchisme intransigeant va naître et faire violemment irruption dans la rue. En dehors des vastes organisations libertaires établies depuis des décennies, des anarchistes vont empoigner la plume pour appeler à l’action et le revolver pour vider les coffres des banques. Ils vont mettre la main à la mèche pour faire résonner la voix de la dynamite et à la pelle pour creuser des tunnels afin de libérer leurs compagnons incarcérés. Ils se tacheront les mains d’encre pour éditer des livres et mélangeront les acides pour faire sauter les socles de la société. Ils tireront à bout portant sur les tortionnaires et rejoindront, le journal et la marmite explosive dans le sac, les grèves et les agitations de rue. Mais surtout, ils vont réunir l’idée et l’action, la conscience et l’attaque, le cœur vibrant et la main décidée dans un formidable assaut contre la société autoritaire et capitaliste.

En suivant les traces de l’un d’entre eux, Severino Di Giovanni, ce livre fait revivre les parcours de dizaines d’anarchistes qui se sont battus jusqu’à leur dernier souffle contre tout ce qui représente le pouvoir, pour la liberté et l’anarchie.

Incognito, Expériences qui défient l’identification, ed. Mutines Séditions (Paris), septembre 2019, 140 p. – 5 euros

Mutines Séditions nous propose une édition augmentée d’Incognito. Initialement paru outre-Alpes en 2003 puis traduit en français en 2011, Incognito avait fait l’objet d’une seconde édition italienne dix ans plus tard, avec un texte concernant une expérience de clandestinité supplémentaire, tandis qu’un autre était revu et une introduction rajoutée. Trois compléments qui ont été l’occasion de procéder à cette réédition francophone dans un format et une couverture différents.

La dizaine de témoignages anonymes recueillis ici concerne donc « cette dimension parallèle où même ce qui peut être dit, souvent ne l’est pas », à l’heure où la condition de clandestin devient le sort d’une partie plus importante de la population. Pour fuir la misère comme la répression, pour continuer la lutte depuis un ailleurs qui peut aussi être tout près, pour échapper à une lourde condamnation ou à une surveillance étouffante. Si les voix qui le composent sont avant tout individuelles et variées –d’un compagnon qui va passer quinze années au vert en multipliant attaques et braquages à une compagnonne partie des années avec sa fille pour la voir grandir ou un exilé d’Algérie qui va devoir affronter exploitation et racisme en Italie–, on y parle passage de frontières, débrouille et déplacements loin des projecteurs, et de la question de l’identité : comment effacer ses traces sans se perdre soi-même ?

Comme le conclut le nouveau témoignage traduit, un des objectifs de ce petit livre est aussi que ces expériences réelles puissent être réappropriées plus largement au sein du mouvement, et que la question de la mise au vert y soit abordée de façon plus conséquente : « je considère indispensable que la question de la cavale et le fait d’y être préparés devienne un sujet de discussion bien présent parmi les compagnons : la réserve et la discrétion sont bien entendu de nobles qualités, mais la peur des oreilles de l’ennemi et la projection sur la soi-disant ingénuité de ceux que nous avons en face ne peuvent à eux seuls justifier de déserter certaines discussions et pratiques… Il se peut que le fait même d’en débattre dans certaines assemblées, ou même seulement dans les pages des publications « du mouvement » puisse déjà être en soi un encouragement à échanger certaines connaissances et savoirs, ce qui mettrait un peu fin à ces lignes, et que ces derniers pourraient être utiles à ceux qui un jour, quelque part et pour différentes raisons, décident de disparaître. »

Sante Caserio, Ce fut mon coeur qui prit le poignard, ed. L’assoiffé (Marseille), septembre 2019, 310 p. – 8 euros

« Au moment où les derniers cavaliers de l’escorte passaient en face de moi, j’ai ouvert mon veston. Le poignard était, la poignée en haut, dans l’unique poche, du côté droit, à l‘intérieur sur la. poitrine. Je l’ai saisi de la main gauche et d’un seul mouvement, bousculant les deux jeunes gens placés devant moi, reprenant le manche de la main droite et faisant de la gauche glisser le fourreau qui est tombé à terre sur la chaussée, je me suis dirigé vivement mais sans bondir, tout droit au président, en suivant une ligne un peu oblique, en sens contraire du mouvement de la voiture.

J’ai appuyé la main gauche sur le rebord de la voiture, et j’ai d’un seul coup porté légérement de haut en bas, la paume de la main en arrière, les doigts en dessous, plongé mon poignard jusquà la garde dans la poitrine du président. J’ai laissé le poignard dans la plaie et il restait au manche un morceau de papier du journal

En portant le cou, j’ai crié, fort ou non, je ne puis le dire: « Vive la Révolution« . »

Ni or ni maître. Montagne d’or et consorts, ed. du couac, septembre 2019, 192 p. – 4 euros

Avec l’intention de nuire à la Montagne d’or et au monde qui en a besoin, cet ouvrage est écrit par des individus profondément hostiles à toutes formes d’autoritarisme. C’est avec cette sensibilité que sont abordés la conquête du sous-sol de la Guyane réputée riche en or, son sol, sa géographie, ses populations et multiples réalités sociales.
Voyageant de ronds-points en villages, de bureaux d’études en sites miniers, c’est une part de ce pays et de ses complexités qui tente d’être mise en mots avant de tirer les fils d’un entrelacs macabre : ceux de l’extraction minière qui s’intensifie sur ce territoire.

Avis de tempêtes, bulletin anarchiste pour la guerre sociale, numéros 1-12 (année 2018), septembre 2019, 210 p. – prix libre

Recueil, comme son titre l’indique, des douze premiers numéros couvrant l’année 2018, de ce bulletin sous forme de petit livre. On pourra aussi trouver à la bibliothèque les différents numéros qui sortent tous les 15 de chaque mois, et notamment les derniers de juin à octobre 2019.

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